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A J-110: débriefing du débat des socialistes
13 / 01 / 2017

Impressions et réflexions après le premier débat de la primaire de la Belle alliance populaire.

1/ La scène était moins impressionnante que lors du débat des Républicains. La raison est simple: nous savons tous que le successeur de François Hollande ne se trouve pas parmi les sept personnalités présentes. Ce qui allège la tension et diminue l'attente.

2/ La confrontation n'a pas bousculé une hiérarchie préétablie. Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ont dominé les débats. Ce constat peut en justifier un autre: l'ancien premier ministre ne bénéficie pas d'une prime particulière attachée à sa fonction passée. Ce qui rend encore plus incertaine l'issue de cette primaire.

3/ Amener à commenter d'un mot le bilan du quinquennat, Manuel Valls s'est spectaculairement récusé. Plutôt que de qualifier l'action passée, il a choisi d'évoquer la "fierté" qu'il avait éprouvé à "servir le peuple français, notamment en matière de sécurité." Parler de lui plutôt que du travail accompli avec François Hollande: on sent le malaise de Manuel Valls à se situer dans ce débat.

4/ La discussion a longuement porté sur le revenu universel d'existence prôné par Benoît Hamon. En creux, cette fixation dit l'incapacité des socialistes à penser de manière offensive et constructive la réalité économique de notre futur proche. Un indice de l'épuisement intellectuel et politique du parti socialiste, dévitalisé par cinq années de pouvoir.

5/ Dans son livre avec les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Francois Hollande a rompu l'omerta sur les opérations d'élimination de djihadistes qui menacent la France. Devenue publique du fait de cette rupture d'un secret d'Etat, cette pratique a légitimé une question de la part des journalistes aux sept candidats à la primaire. Aucun d'eux n'a eu la ressource d'articuler un raisonnement sur cette brèche à la suppression de la peine de mort. Décider seul, sans jugement, sur la foi d'un dossier établi par les services de sécurité de l'Etat, de l'élimination physique d'une personne, revient à donner au président de la République un pouvoir exorbitant du droit commun sur lequel nous devons tous réfléchir.

6/ L'audience télévisée est significativement plus faible pour cette confrontation des socialistes qu'elle ne l'a été pour les prétendants de la droite. De la différence entre ceux qui s'apprêtent à faire l'histoire, et ceux qui en sortent.

 

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On prend (presque) les mêmes et on recommence, le blog de Jean-Michel Aphatie.

Journaliste politique aujourd'hui sur Franceinfo, hier sur RTL, Europe 1 et au Grand Journal, Jean-Michel Aphatie a une longue pratique de l'élection présidentielle et de ses acteurs, qu'il suit depuis 1998.

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